Les régulateurs du secteur bancaire et immobilier ont proposé de renforcer la législation en obligeant les prêteurs à mieux expliquer, avant la signature, les risques du crédit consenti et à analyser plus en profondeur la capacité d'endettement de l'emprunteur
American Internationl Group, le numéro un mondial de l'assurance, a fait état d'une perte de 5,29 milliards de dollars au dernier trimestre, la pire performance depuis sa création, il y a 89 ans.
Les USA commencent actuellement à en faire l'expérience: un article de CNN en date du 8 mars montre que les prix baissent inexorablement depuis maintenant 6 mois, et qu'un tel mouvement n'avait pas été observé depuis 11 ans.
La baisse des prix est encore modérée (3% sur un an, mais déjà -8,5% par rapport au pic de juillet 2006)
Mais la situation du marché est nettement plus grave que cette baisse ne l'indique: les mises en chantiers (constructions de logements neufs) ont chuté de près de 40% en un an d'après ces données de la FED.
Même si nous ne sommes qu'au tout début du mouvement, il y a déjà des victimes de taille: La 3ème banque de prêts immobiliers à risque est quasiment en situation de faillite et 20 banques spécialisées dans les crédits à risques ont fait faillite ou sont en situation très difficile (source: bloomberg)
Cette vague de faillite aux USA qui concerne à la fois les emprunteurs et les prêteurs a une triple conséquence, désastreuse pour le marché immobilier US et l'économie en général:
Le marché risque d'être inondé de biens mis en liquidation avec pour conséquence une accélération de la chute des prix.
Les banques vont fermer l'accès du crédit à un nombre croissant de ménages, il y aura donc moins d'acheteurs potentiels.
Les nouvelles de faillites qui se répandent dans l'opinion publique vont augmenter fortement la peur et la méfiance des investisseurs.
Les CDO sont des sortes de packages de dettes que les grosse banques vont revendre à des hedge funds ou à des fonds de pension, qui prendront le risque à la place de la banque en échange des intérêts fournis par le package
Les CDS sont des sortes d’assurances contre une défaillance de l’emprunteur: le vendeur de CDS s’engage à rembourser à sa place en échange d’une prime variant en fonction du marché et de la qualité de l’emprunteur.
Ces inventions se nomment « CDO » (collateralised obligation debt) et dérivés de crédit « CDS » (crédit default swap).
La finance moderne est donc en train de transférer la gestion du risque qui constitue le métier normal d'un banquier vers des fonds (hedge funds et fonds de pension spécialisés) qui n’ont aucune notion de ce qu'est le métier de banquier et dont la vocation est de spéculer (par exemple sur les fluctuations de cours des dérivés de crédits et CDO qu’ils possèdent).
A leur tour, ces fonds peuvent se revendre entre eux ces dérivés de crédits et CDO qui se répandent ainsi dans tout le système.
Les banques aujourd’hui peuvent donc prêter à des clients douteux et à haut risque en se disant « en cas de problème, un autre paiera à ma place ».
Seul problème: comment les hedge funds et autres fonds de pension paieront leurs garanties aux banques en cas de problème ?
Le risque associé au crédit ayant été répandu dans toute la sphère économique, on ne sait plus aujourd’hui qui devra payer en cas de problème…
Le problème étant justement en train d’arriver avec la vague de faillites immobilières en cours aux USA.
Tant que la situation économique est bonne et que les emprunteurs ne font pas faillite, le système fonctionne (ce fût le cas de 2002 à 2006) et les politiques s'émerveillent de cette dispersion des risques et de la nouvelle sophistication de la finance
Mais le jour où beaucoup d'emprunteurs seront en défaut en même temps, les hedge funds ou autres fonds divers devront payer à la place des emprunteurs pour honorer leurs contrats vis à vis des banques.
Leur métier premier est de spéculer, et non jouer le rôle d'un banquier.
Leur capacité à faire face à cette situation n'est contrôlée par aucune autorité et qu'ils ont pour habitude d'utiliser de gros effets de levier, achetant beaucoup plus d'instruments financiers que ce qu'ils ont réellement en caisse (en empruntant une fois de plus évidemment).
Dès que les hedge funds seront pris en défaut, les grandes banques qui se croyaient assurées contre les faillites des emprunteurs par leurs dérivés de crédit vont rapidement découvrir que leurs assureurs ne peuvent plus honorer leur contrat...
Le risque crédit ayant été répandu dans tout le système, ce sera alors le début de la chute d'un immense château de cartes impliquant à la fois hedge funds, fonds de pension, grandes banques internationales (y compris des banques européennes lourdement impliquées dans le marché des dérivés de crédit).
Cette chute entraînera en retour (et accélèrera) une profonde récession économique avec un effondrement de la consommation et une nouvelle vague de faillites personnelles.
Une bulle de crédit ne disparaît pas sans qu'il y ait de la casse !
Même si les banques françaises sont semble t il un moins engagées, pensez à avoir une banque solide: Une banque régionale ou nationale peu impliquée dans ces dérivés de crédit, ou une banque d'état comme la banque postale !
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